Récits de coureur
Vendredi 11 septembre 2009
Bill Braine nous raconte son expérience personnelle.

Au printemps dernier, je courais sous une pluie torrentielle mais relativement agréable, une ondée à 23 °C. Je courais contre les gouttes. Littéralement. À un moment donné, sur le sommet d’une crête, j’ai regardé les maisons en contrebas.
Je ne reconnaissais rien.
J’étais un nouveau venu dans cette ville, et l’itinéraire que j’avais imaginé était une boucle de 6 km avec une sacrée côte. Il y avait aussi un terrain de golf à traverser et quelques rues longeant le parc de la ville. Cette course se prêtait parfaitement à une entrée en matière, à une reconnaissance de mon nouvel environnement. Je visitais quelques halls d’entrée, passais devant des rangées d’hortensias et différentes vitrines plus sympathiques les unes que les autres, sans oublier l’artère principale, longue de plusieurs kilomètres. Quelques semaines auparavant, nous avions déménagé de notre précédente maison, très confortable, pour cet endroit plus petit. Mais la ville était aussi plus jolie. Nous vivions donc bien.
Cependant, une fois le camion de déménagement parti, je me souviens que les motivations de notre déracinement volontaire nous ont soudain semblé assez obscures. D’une manière générale, quand j’ai un problème, je le retourne dans tous les sens jusqu’à le considérer sous un autre angle. Dans ce cas précis, courir m’a beaucoup aidé.
La maison que nous avions décrite à nos amis et à notre famille comme charmante et douillette ressemblait davantage à une bâtisse simplette et décrépie. Elle était vieille, d’un siècle au moins, et les 8 ou 9 derniers propriétaires avaient successivement superposé d’épaisses moquettes pour camoufler tâches et autres traces d’usure. Nous n’avions pas d’autre alternative, il fallait tout arracher et refaire entièrement les sols, le chauffage et l’électricité. Le temps nous manquait : ma femme était enceinte de 7 mois et ce ne fut pas toujours facile pour elle, ni pour moi ou notre fils d’ailleurs.
Tags: course, course à pied, running, témoignage
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Lundi 7 septembre 2009
John Bingham nous raconte ses expériences de coureur

Une course différente à chaque fois…
Une rivière, c’est vivant, ça coule, c’est toujours en mouvement. Celle qui était là le jour d’avant n’est plus la même le jour d’après. C’est la même chose avec la musique, les arts, le cinéma. On a beau écouter le même morceau de musique deux fois de suite, voir la même pièce de théâtre deux soirs d’affilée, ce n’est jamais la même chose, ce n’est jamais tout à fait la même expérience. Ce n’est pas tant la performance artistique qui est différente, mais ce que nous, nous y apportons. Nous venons avec nos souvenirs, notre mémoire, nos sensations.
Alors, pourquoi les coureurs à pied pensent-ils pouvoir courir sur le même chemin ou faire la même course deux fois de suite ? Et pourquoi, diable, pensent-ils même à faire des comparaisons entre le chrono du mois dernier et celui de la semaine dernière, sur une même distance, mais dans un endroit qui n’a rien à voir ? Un chrono sur 10 km faits à Lille vaut-il un chrono sur 10 km courus à Marseille ? Non, cela n’a rien à voir.
Mais aussi un contexte différent
Allez, ne faites pas ceux qui ne savent pas de quoi je parle. Je suis déjà passé par là, vous aussi, j’en suis sûr. On court sur un de nos parcours préféré un samedi, on recommence le dimanche d’après et l’on s’en veut à mort parce que l’on a fait moins bien de quelques secondes ou pire, de quelques minutes, pour une même distance. Ou alors, c’est le contraire ! On se félicite chaudement et l’on se sent tout fier, tout à coup, parce que l’on a fait mieux cette fois-ci.
Je suis acteur et témoin de ce genre de débat très souvent. Quelqu’un me dit : « J’ai couru 5 minutes plus vite que la dernière fois. » Comme si c’était une preuve de quoi que ce soit. Comme si cela voulait dire qu’il est meilleur que « la dernière fois ». Parfois, je me retrouve à côté de coureurs qui sont complètement abattus parce que leur chrono indique 5 minutes de plus que la fois précédente. Croyez-moi ou pas, il est impossible de courir deux fois la même course car vous ne pouvez pas recréer les circonstances exactes du premier jour. Vous ne pouvez pas avoir exactement la même météo, les mêmes personnes autour de vous, la même quantité de sommeil, de nourriture ou de boisson énergétique. C’est tout simplement impossible.
Vous ne pouvez pas non plus avoir strictement le même entraînement que la saison passée. Les jours où vous êtes bon, comme les jours où vous êtes moins bon, voire carrément mauvais, ne sont pas les mêmes. C’est comme ça. Votre nouveau job, votre nouveau bébé, votre nouvelle façon de considérer la course à pied va influer sur votre entraînement. Que vous le vouliez ou non, vous serez plus ou moins entraîné que l’année passée.
Se fixer des objectifs
Ce n’est pas tant que toute relativité est mauvaise en soi. C’est parfois même assez drôle de comparer des chronos. Ça fait également du bien de comprendre ce qui a marché ou ce qui n’a pas fonctionné dans votre entraînement. Seulement, il me semble plus important de considérer que chaque pas est un pas vers l’avant, et non vers l’arrière. Chaque fois que vous chaussez vos chaussures de course à pied, vous êtes différent, forcément. C’est une bonne nouvelle puisque, si vous ne pouvez plus rien faire en ce qui concerne le coureur que vous étiez hier, vous pouvez au contraire tout faire pour devenir le genre de coureur que vous rêvez d’être.
Serez-vous, dès lors, un coureur plus rapide ? Sans doute oui, si votre entraînement en fractionné devient votre priorité. Serez-vous capable de courir plus longtemps et plus loin ? Oui, de la même manière, mais seulement si vous augmentez votre kilométrage hebdomadaire. Voilà pourquoi vous aurez voix au chapitre quand vous vous concentrerez sur vos objectifs futurs plutôt que sur vos performances passées. À plus tard, les amis.
Tags: course à pied, entraînement, running, témoignagne
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Lundi 3 août 2009
John Bingham est un néophyte. Il nous raconte ses expériences, avec le sourire.
Il y a quelques semaines, je courais sur mon tapis de course flambant neuf qui trône au milieu de mon salon. C’était le dernier modèle à la mode avec toutes les options de sonneries et d’alarmes dernier cri, une touche pour régler la vitesse de course et des programmes pour modifier l’inclinaison. Mais surtout, ce tapis de course était équipé d’une console. En fait, la seule chose que cette machine ne pouvait pas faire, c’était de courir à ma place !
Ce jour-là donc, je me suis senti très vite abasourdi par l’effort. J’avais programmé la vitesse du tapis roulant à 6 km/h. Mes battements cardiaques étaient élevés, ma respiration difficile et mes jambes s’alourdissaient. J’ai réduit la difficulté d’un cran mais cela ne m’a pas beaucoup aidé. Après 3,5 km, j’ai dû abandonner. Bien que perplexe et un peu inquiet, je me suis rassuré en me disant que je devais probablement être fatigué.
Par la suite, j’ai préféré courir sur route parce que je me posais encore des questions sur ce qui avait causé mon échec. C’est seulement quelques jours plus tard que je suis remonté sur mon tapis de course. Mais cette fois-ci, c’était pire. Après 1 km, j’étais exténué. Bien sûr, après cette coupure, j’ai essayé de retrouver ma forme, mais c’était en vain.
Alors pendant plusieurs minutes, je me suis convaincu que j’avais contracté une mystérieuse maladie qui se manifestait principalement quand je courais. Ensuite, j’ai pensé que cette maladie allait m’obliger à abandonner la course à pied pour toujours. Incapable de courir plus longtemps, je serais automatiquement viré de mon club. J’étais complètement anéanti.
Plus tard dans la soirée, ma femme s’est approchée du tapis de course. Elle l’a regardé attentivement puis m’a demandé si j’avais augmenté le niveau de résistance. Avant que je ne lui demande ce qu’elle entendait par là, elle a contourné la machine et s’est arrêtée droit devant la console. Le niveau était à 6 %. Oui, on est encore loin du mont Everest – mais l’angle d’inclinaison était suffisant pour augmenter la difficulté. Soudain, il m’est venu à l’esprit que j’avais peut-être appuyé sur le bouton réglant l’inclinaison du tapis à la place de celui de la vitesse. (Note pour moi-même : porter des lunettes de vue quand je programme l’appareil ! Quel drôle de zèbre je fais !)
Je n’avais pas contracté une mystérieuse maladie, j’avais juste été stupide. Stupide de ne pas voir l’évidence, qui avait tout de suite sauté aux yeux de ma femme, et stupide de m’entêter dans l’explication médicale qui me masquait la plus simple des réalités : je m’étais tout bonnement trompé de bouton ! La seule chose qui semblait importer alors était de penser à la terrible maladie que j’avais sans doute contractée.
Peut-être est-ce dans la nature humaine d’envisager le pire ! Je sais en tout cas que cela m’arrive souvent. Par exemple, si jamais je renifle, je suis convaincu que c’est la malaria. Et la perspective de ne plus pouvoir courir m’effraie complètement ; ma vie entière serait anéantie. D’une certaine manière, lors de cette expérience, il était plus facile de croire que j’étais au seuil de la mort que de me dire que j’avais simplement commis une erreur.
Dans ma vie, comme lors de mes entraînements, j’ai besoin de faire un travail sur moi pour écarter la peur qui s’empare souvent de moi. La première étape consiste à apprendre que la meilleure réponse est presque souvent la plus évidente.
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Lundi 6 avril 2009

Voilà une semaine que nous suivons l’équipe internationale de Runner’s World, une semaine que nous vivons chacune des épreuves dans la crainte que l’un d’entre eux ne tienne pas et abandonne face aux conditions extrêmes auxquelles les participants ont dû faire face cette année.
La 24ème édition du Marathon des Sables a été riche en rebondissements et nous a tenu en haleine pendant ces six derniers jours. Gaël Couturier, le rédacteur en chef de Runner’s World France, nous a régulièrement envoyé son point de vue sur les différentes étapes. Arrivé au terme de cette course hors norme (non sans mal, ni douleur), il nous livre une dernière fois ses impressions.
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Vendredi 3 avril 2009
La troisième étape, la plus redoutée de tous ! 91 km à s’enfiler non-stop pour les plus courageux et compétitifs, ou avec des temps de pause pour les plus affaiblis. Le rédacteur en chef de Runner’s World, Gaël Couturier, est de nature pugnace. Son expérience des marathons lui offre une grande résistance aux conditions extrêmes, mais après un Lybian Challenge, un semi de Paris et un marathon de Rome dans les pattes, il souffre, et doit se rendre à l’évidence : il FAUT faire des pauses pour tenir le coup jusqu’à la ligne d’arrivée ! Lire la suite »
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Jeudi 8 mai 2008
Philippe Proix aurait pu rester un coureur anonyme si sa passion pour le sport ne l’avait conduit sur les routes pour rendre hommage aux personnes qui l’ont entouré ou qu’il a admiré. Témoignage de ce sportif au grand cœur. Lire la suite »
Tags: coureur, courir, course, enduro des Sables, marathon, Mont-Saint-Michel, Philippe Proix, running
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Les vidéos de la 6000D et de l’ultra 6000D en avant-Première pour Runner’s World. Retrouvez le récit sur la course des géants dans un prochain numéro de Runner’s World.
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Jusqu’au 5 septembre 2010, Quechua organise un grand concours photo, dont la dotation n’est autre qu’un exceptionnel voyage au Népal.
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Afin de fêter la venue du champion Usain Bolt à Paris, Puma prépare l’événement : “Jamaica Party”, Collection Usain Bolt…WELCOME USAIN !
Jeudi 15 juillet 2010, Usain Bolt viendra enflammer Paris ! Tout d’abord au magasin Courir, sur les Champs-Élysées, où dès 15 h, il se mettra à la disposition du public pour signer des autographes.
Usain mettra ensuite le cap sur la place de l’Hôtel de Ville, où Puma organise une “Jamaica Party” en l’honneur de son champion ! Dès 10 h, le public parisien pourra découvrir gratuitement des activités ludiques axées autour du running… et bien sûr autour d’Usain Bolt.
Dès 16 h, Usain montera sur scène pour enflammer le public parisien et lancer officiellement le début des concerts gratuits et ouverts à tous ! De nombreuses surprises auront lieu tout au long de cette après-midi, avec notamment les performances d’Irma Pany, Jaqee, Winston McAnuff et Alpha Blondy !
Résumé du programme jeudi 15 juillet :
10 h : animations running (Place de l’Hôtel de ville)
15 h : Usain Bolt sur les Champs-Élysées
Jamaica Party - Place de l’Hôtel de Ville
16 h : Usain Bolt aux platines !
17 h : concerts gratuits avec Irma Pany – Jaqee – Winston McAnuff – Alpha Blondy & plein d’autres surprises
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Benjamin Chevalier, 26 ans, interne en chirurgie à Bordeaux. Lors de ses études à Paris, il rencontre Gaston Peltre, le fondateur des DocTrotters, l’organisme qui gère le médical sur le Sultan Marathon des sables. C’est le déclic. Benjamin était pour la première fois sur le MDS version 2010.
RW : Pourquoi le MDS Benjamin ?
BC : Je suis passionné de sport et je pratique le volley depuis 15 ans. Le MDS est une aventure humaine très forte avec des rencontres vraiment intéressantes et en tout genre. Nous, on aide le sportif à venir au bout de son défi, on adhère donc à cette idée du dépassement de soi et moi j’adore ! Et puis le cadre est exceptionnel. Enfin, c’est aussi l’occasion de pratiquer une médecine différente avec des conditions d’exercice particulières en plein désert, une médecine au service d’un défi physique intense, de la réalisation d’un rêve et non pas au service de malades classiques. C’est un soutien autant moral que physique.
RW : Concernant les soins des pieds, c’est quoi le plus important pour courir dans de bonnes conditions ?
BC : Il faut agir préventivement, en amont. Après, les ampoules sont toujours douloureuses, exposées au risque d’infection, et retentissent inexorablement sur les performances… Il faut donc d’abord préparer ses pieds, c’est important pour un marathon normal, cela devient indispensable pour une course comme le MDS. Pour cela, plusieurs produits et protocoles existent. Le plus efficace semble être de tanner ses pieds quelques semaines avant le départ (Tanopat, talc, jus de citron, entraînement pieds nus dans le sable…) et en parallèle d’appliquer une crème hydratante genre NOK d’Akiléine pour éviter la formation d’ampoules sous la peau tannée. Les podologues du sport peuvent également
apporter une aide précieuse, notamment pour donner des conseils.
RW : Et concernant les chaussures ?
BC : La première chose évidente est de ne pas courir avec des chaussures neuves, il faut y être habitué, qu’elles soient déjà faites. Pour le MDS particulièrement, compte-tenu de la chaleur, il est nécessaire de prendre une pointure et demie supplémentaire car avec la chaleur, les pieds gonflent énormément, et ce dès les premiers jours sans avoir couru beaucoup. Le soir, après les étapes, il est conseillé de laisser ses pieds sécher à l’air le plus possible une fois la course terminée, après les avoir bien nettoyés. La formation d’ampoules est favorisée en milieu humide. Il faut savoir que les ampoules se forment principalement au niveau des zones de frottement excessif ou inhabituel sur les chaussures. Le premier stade est représenté par des zones d’échauffement, rouges, sensibles mais sans cloque ou abrasion. À ce stade, l’utilisation de pansements double-peau type Compeed peut être une bonne solution. Sinon, on peut protéger ces zones par des compresses et un bandage type Elastoplast pour réduire justement les frottements.
RW : Oui mais une fois que l’ampoule est là, que faut-il faire ?
BC : Au stade d’ampoule à proprement parler, il ne faut plus utiliser de pansements Compeed. En effet, les ampoules vont rester dans un milieu humide permanent, ne vont pas cicatriser et risquent de s’infecter. Le traitement repose plutôt sur l’assèchement : percez l’ampoule, n’enlevez pas la peau qui constitue encore une protection épidermique efficace et introduisez-y de l’éosine. Laissez à l’air le plus possible. Si ce n’est pas possible, dans le cas d’une course longue ou à étapes par exemple, il faut protéger les zones abîmées par des compresses fixées avec de l’Elastoplast. Touchez le moins possible au pansement une fois fait ! En effet, plus il y a de manipulations, plus le risque d’aggraver les choses augmente. Un pansement bien fait et bien propre doit pouvoir tenir plusieurs jours, dans l’idéal. Enfin, en cas d’infection, c’est-à-dire d’aspect sale, avec écoulement, apparition de fièvre, de ganglions satellites, etc., une consultation médicale devient indispensable pour la mise en place d’une éventuelle antibiothérapie.
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Le marathon de New York est dans… 5 mois ! Que vous ayez ou non votre dossard, voici un aperçu de ce que tous les coureurs peuvent vivre pendant cette journée de folie, sur le parcours du plus mythique marathon du monde. Notre rédacteur en chef et envoyé spécial, Gaël Couturier, était là-bas en novembre dernier, il a eu la chance de courir ce 40e anniversaire. Ambiance, ambiance…
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