Le coin du chercheur : la performance au marathon

Quelle est la performance la plus « impressionnante » : 2h03’59’’ à 35 ans (Haile Gebreselassie) ou 2h54’38’’ à 73 ans (Ed Whitlock) chez les hommes ? Même question chez les femmes avec un impressionnant 2h15’25 à 29 ans (Paula Radcliffe) ou 3h 46min 18 sec à 72 ans (Ginette Bedard) ?

Le déclin de la performance avec l’âge sur les épreuves d’endurance a fait l’objet de nombreuses attentions par les physiologiques. D’une manière générale, les performances dans les sports dits d’endurance se maintiennent jusqu’à environ 40 ans ; diminuent légèrement jusqu’à 50-60 ans ; puis chutent de façon plus marquée après. Cependant, ce déclin peut être retardé en effet, certains athlètes âgés de plus de 40 ans (appelés «Masters » ou « vétérans ») sont encore capables de réaliser des performances athlétiques remarquables.

Ces dix dernières années, la participation des athlètes « Masters » a fortement augmenté sur les épreuves longues distances. Cette année, par exemple, plus de 1600 athlètes (1300 hommes, 300 femmes) de plus de 60 ans ont participé au Marathon de New York. A titre indicatif, l’âge moyen du top 10 au scratch était de 31ans pour les hommes (à plus ou moins 3 ans près) et de 33 ans pour les femmes (à plus ou moins 5 ans près).

L’analyse des performances des 10 premiers de chacun des groupes d’âge lors du dernier marathon de New York en novembre 2008 nous montre une évolution « exponentielle » des temps au marathon avec l’âge (Figure 1A): De 2h14min pour le meilleur groupe d’âge masculin (30-40 ans) à 6h50 min pour les plus de 80 ans ; de 2h31 min, pour le meilleur groupe d’âge féminin (30-40 ans) à 5h30 min pour les plus de 70 ans. Le record mondial féminin sur marathon chez les 75-79 ans a été battu cette année à New York (qui n’est pourtant pas réputée pour être une course rapide), par l’infatigable Ginette Bedard en 4h 08min 31sec à l’âge de 75 ans (déjà détentrice du record dans la catégorie 70-74 ans avec 3h 46 min à 72 ans en 2005). A partir de 40 ans, la décroissance des performances est d’environ 12-15% par tranche de 10 ans (Figure 1 B). Ainsi, les meilleurs vétérans de 40 ans courent en moyenne 12-13% moins vite que l’élite de 30 ans. A partir de 60 ans, la performance est en moyenne diminuée de 30% par rapport à l’élite.

Le déclin avec l’âge semble un plus marqué chez les femmes que chez les hommes, cependant cette apparente différence entre les sexes est à relativiser car la participation des femmes dans les groupes d’âge les plus vieux est plus réduite. D’un point de vue physiologique, la réduction de la consommation maximale d’oxygène (Vo2Max) avec l’âge semble être le facteur majeur contribuant au déclin de la performance en endurance. La diminution du seuil lactique pourrait aussi y contribuer alors que le coût énergétique (c.a.d. la consommation d’oxygène par unité de distance parcourue) semble préserver.

Les diminutions de la performance en endurance et de la VO2max avec l’âge chez les athlètes entraînés sont associées de façon étroite aux réductions de l’intensité et du volume d’entraînement. Ceci résultant probablement de changements liés à des facteurs physiques et comportementaux (augmentation de la prévalence des blessures, diminution de l’énergie, du temps et de la motivation pour s’entraîner). Les athlètes « Masters » restent un exemple fascinant d’un « vieillissement exceptionnellement réussi », et continuent d’éveiller l’attention scientifique des physiologiques.

Par Romuald LEPERS
Maître de conférences, il mène des activités de recherche au sein de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale de l’université de Bourgogne. Spécialiste de la fatigue musculaire, et plus particulièrement lors des efforts prolongés, il est aussi triathlète longue distance de très bon niveau (il a participé trois fois à l’Ironman d’Hawaï et à celui d’Embrun). Infos : http://romuald-lepers.onlinetri.com


A : Evolution de la performance chronométrique moyenne du top 10 de chaque groupe d’âge pour les hommes et les femmes lors du marathon de New York en 2008.
B : Réduction de la performance en fonction de l’âge par rapport aux meilleurs groupes d’âge hommes et femmes (30-40 ans).




Cet article a été publié le Mardi 27 janvier 2009 à 13:17 et est classé dans A la une, Actualités, L'expert, Préparation. Vous pouvez en suivre les commentaires par le biais du flux RSS 2.0. Vous pouvez laisser un commentaire, ou faire un trackback depuis votre propre site.

7 commentaires pour “ Le coin du chercheur : la performance au marathon”

DAVERGNE dit :
28 janvier 2009 à 9:48

Bravo aux vétérans très agés qui réalisent encore de très belle performances. On le sais tous l’activité physique est bonne pour la santé. C’est aussi un moyen pour se séparer des mauvaises habitudes. J’ai moi-même arréter de fumer définitivement grâce à la course, j’avais alors 42 ans. J’en ai maintenant 63 et après un arrêt de quatre ans pour cause de travail et de problème de de blessure malancontreuse (clavicule cassée sur chute), je m’y remet petit à petit. Mes meilleurs performances : 46.38 sur le 10000m en 1999 (44ans), 1h 44min sur le semi en 2003 (48 ans), 3h 46min surr le marathon de Paris en 2003 (48ans). J’espère revenir en dessous de 4 heures…Est-ce possible ?
Je vous dis à bientôt
Jean-Marc

yves dit :
28 janvier 2009 à 19:29

Bonjour à tous . Je suis toujours impressioné par les perfs de nos “anciens” (qui le sont bien moins que beaucoup d’entre nous)J’ai 52 ans et me suis mis à la course depuis 3 ans (suite à une ablation partielle du ménisque). J’y ai pris goût et ai participé en octobre dernier au semi d’Argentan. J’ai trouvé ça extra et envisage la distance mythique….le marathon de Caen au mois de juin me tente bien. Voila ma question: mon but est de le finir, j’ai donc sorti un plan d’entrainement entre 4.30 h et 5.00 h avec 3 séances/sem sur 8 semaines. Pensez vous qu’il soit judicieux de faire une première série d’entrainement de 8 semaines entre février et mi-avril (sauf le marathon final) et d’enchainer avec une deuxième série de 8 semaines qui conduira au 14 juin, jour J ?. Vos avis et expériences m’interessent. Merci d’avance.

elguendouz dit :
29 janvier 2009 à 10:22

Salut Davergne en lisant les temps réalises aux diffentes compétitions je peux deduire que vous avez les capacites de progresser 8 semaines c’est suffisant il n’ya que le travail et le serieux qui payent il faut aller progressivement , il faut pas bruler les etapes bon courage

maya dit :
31 janvier 2009 à 20:09

bonjour, je suis trés impréssionnée par les résultats des vétérants et en particulier des vétérannes ,Ginette Bedard surtout. Et j’aimerais suivre son exemple. J’ai pour ma part débutée la CAP voila quatre ans , je suis super fan des marathons ( pour le moment j’arrive à un total de 5 marathons , mon meilleur temps 3h 53 à Paris 2008 . j’ai 47 ans et je compte bien améliorer cette performance… J’encourage les femmes à pratiquer ce sport , ainsi que Jean marc ci dessus dans ces projets . Si moi une femme de 47 ans arrive à 3H53 , je ne vois pas pourquoi tu n’arriverais pas à battre ton record..
quand à yves , Il me semble qu’en surveillant les douleurs aux genoux ( avec le conseil d’un ostéopathe ) , les fonctions cardiaques et le poids ( tres important pour les genoux le poids..) chez le medecin : entrainement en endurance ( 70 à75% de FCM ) dés aujourd’hui avec une fois par semaine de la résistance dure et si le coeur le permet de temps en temps un peu de VMA,je suis pas spécialiste et il y a pleins de site sur le net ..BONNE COURSE à TOUS..

AUGIS dit :
1 février 2009 à 17:51

A tout âge on peut s’améliroer dans des proportions raisonnables bien sûr. Un entraînement bien mené avec une bonne gestion de sa course Jenn Marc pourra decendre sous les 4h. Il faut avant tout eviiter le piège qui est de partir trop vite, être vigilant sur les 5 premiers km puis trouver progressivement son rythme. Ai couru mon permer maratthon a 41 ans, à 56 ans, j’en totalise 45 et ne compte pas m’arrêter là, malgré des bobos qui m’immobilisent plus ou moiins longtemps comme beaucoup de coureurs. B

LEVASSEUR dit :
10 février 2009 à 13:46

Quel est le plus impresionnant.
Courir le Marathon en 3H à 60ans ou le 800M en 2’15

laurent de zorzi dit :
28 février 2009 à 14:59

he bien moi s en me venter pour un marathon je fait un marathon en - 3h30 et une preparation de 10 semaines et je suis v1 43 ans au moi d avril j ador le marathon car c est que de l endurance je suis entre 4 mn 30 et 4 mn 40 au kilometre mais c est vrai quil y a de plus en plus de veterans a croire que les jeunes aiment courir que 10km .

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Grand concours photo

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Jusqu’au 5 septembre 2010, Quechua organise un grand concours photo, dont la dotation n’est autre qu’un exceptionnel voyage au Népal.

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Paris aux couleurs de la Jamaïque

FR-SS10_Bolt_A4_TrainAfin de fêter la venue du champion Usain Bolt à Paris, Puma prépare l’événement : “Jamaica Party”, Collection Usain Bolt…WELCOME USAIN !

Jeudi 15 juillet 2010, Usain Bolt viendra enflammer Paris ! Tout d’abord au magasin Courir, sur les Champs-Élysées, où dès 15 h, il se mettra à la disposition du public pour signer des autographes.

Usain mettra ensuite le cap sur la place de l’Hôtel de Ville, où Puma organise une “Jamaica Party” en l’honneur de son champion ! Dès 10 h, le public parisien pourra découvrir gratuitement des activités ludiques axées autour du running… et bien sûr autour d’Usain Bolt.

Dès 16 h, Usain montera sur scène pour enflammer le public parisien et lancer officiellement le début des concerts gratuits et ouverts à tous ! De nombreuses surprises auront lieu tout au long de cette après-midi, avec notamment les performances d’Irma Pany, Jaqee, Winston McAnuff et Alpha Blondy !

Résumé du programme jeudi 15 juillet :

10 h : animations running (Place de l’Hôtel de ville)
15 h : Usain Bolt sur les Champs-Élysées

Jamaica Party - Place de l’Hôtel de Ville
16 h : Usain Bolt aux platines !
17 h : concerts gratuits avec Irma Pany – Jaqee – Winston McAnuff – Alpha Blondy & plein d’autres surprises

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La guerre des ampoules !

benjamin-chevalier

 

Benjamin Chevalier, 26 ans, interne en chirurgie à Bordeaux. Lors de ses études à Paris, il rencontre Gaston Peltre, le fondateur des DocTrotters, l’organisme qui gère le médical sur le Sultan Marathon des sables. C’est le déclic. Benjamin était pour la première fois sur le MDS version 2010.

 

RW : Pourquoi le MDS Benjamin ?
BC : Je suis passionné de sport et je pratique le volley depuis 15 ans. Le MDS est une aventure humaine très forte avec des rencontres vraiment intéressantes et en tout genre. Nous, on aide le sportif à venir au bout de son défi, on adhère donc à cette idée du dépassement de soi et moi j’adore ! Et puis le cadre est exceptionnel. Enfin, c’est aussi l’occasion de pratiquer une médecine différente avec des conditions d’exercice particulières en plein désert, une médecine au service d’un défi physique intense, de la réalisation d’un rêve et non pas au service de malades classiques. C’est un soutien autant moral que physique.

RW : Concernant les soins des pieds, c’est quoi le plus important pour courir dans de bonnes conditions ?


BC : Il faut agir préventivement, en amont. Après, les ampoules sont toujours douloureuses, exposées au risque d’infection, et retentissent inexorablement sur les performances… Il faut donc d’abord préparer ses pieds, c’est important pour un marathon normal, cela devient indispensable pour une course comme le MDS. Pour cela, plusieurs produits et protocoles existent. Le plus efficace semble être de tanner ses pieds quelques semaines avant le départ (Tanopat, talc, jus de citron, entraînement pieds nus dans le sable…) et en parallèle d’appliquer une crème hydratante genre NOK d’Akiléine pour éviter la formation d’ampoules sous la peau tannée. Les podologues du sport peuvent également

apporter une aide précieuse, notamment pour donner des conseils.

RW : Et concernant les chaussures ?


BC : La première chose évidente est de ne pas courir avec des chaussures neuves, il faut y être habitué, qu’elles soient déjà faites. Pour le MDS particulièrement, compte-tenu de la chaleur, il est nécessaire de prendre une pointure et demie supplémentaire car avec la chaleur, les pieds gonflent énormément, et ce dès les premiers jours sans avoir couru beaucoup. Le soir, après les étapes, il est conseillé de laisser ses pieds sécher à l’air le plus possible une fois la course terminée, après les avoir bien nettoyés. La formation d’ampoules est favorisée en milieu humide. Il faut savoir que les ampoules se forment principalement au niveau des zones de frottement excessif ou inhabituel sur les chaussures. Le premier stade est représenté par des zones d’échauffement, rouges, sensibles mais sans cloque ou abrasion. À ce stade, l’utilisation de pansements double-peau type Compeed peut être une bonne solution. Sinon, on peut protéger ces zones par des compresses et un bandage type Elastoplast pour réduire justement les frottements.

RW : Oui mais une fois que l’ampoule est là, que faut-il faire ?


BC : Au stade d’ampoule à proprement parler, il ne faut plus utiliser de pansements Compeed. En effet, les ampoules vont rester dans un milieu humide permanent, ne vont pas cicatriser et risquent de s’infecter. Le traitement repose plutôt sur l’assèchement : percez l’ampoule, n’enlevez pas la peau qui constitue encore une protection épidermique efficace et introduisez-y de l’éosine. Laissez à l’air le plus possible. Si ce n’est pas possible, dans le cas d’une course longue ou à étapes par exemple, il faut protéger les zones abîmées par des compresses fixées avec de l’Elastoplast. Touchez le moins possible au pansement une fois fait ! En effet, plus il y a de manipulations, plus le risque d’aggraver les choses augmente. Un pansement bien fait et bien propre doit pouvoir tenir plusieurs jours, dans l’idéal. Enfin, en cas d’infection, c’est-à-dire d’aspect sale, avec écoulement, apparition de fièvre, de ganglions satellites, etc., une consultation médicale devient indispensable pour la mise en place d’une éventuelle antibiothérapie.




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Marathon de NYC : comme si vous étiez !

Le marathon de New York est dans… 5 mois ! Que vous ayez ou non votre dossard, voici un aperçu de ce que tous les coureurs peuvent vivre pendant cette journée de folie, sur le parcours du plus mythique marathon du monde. Notre rédacteur en chef et envoyé spécial, Gaël Couturier, était là-bas en novembre dernier, il a eu la chance de courir ce 40e anniversaire. Ambiance, ambiance…

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Après-soleil

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